(…) Ils contrôlent déjà 75% des filles dans la rue à Londres

Dans un document du ministère détaillant leur volonté de conquérir de « nouvelles parts du marché prostitutionnel français », il est d’ailleurs expliqué qu’en s’appuyant sur leur communauté expatriée, les proxénètes Albanais contrôlent déjà près de « 75% des filles dans la rue à Londres (Angleterre). »

En France, les Albanais occupent notamment le pavé à Bordeaux, Aubenas, Toulouse, Lyon, Nîmes, Marseille ou Nice. « Ils ont en général un point de chute en Italie et c’est de là qu’ils ont réinvesti le territoire national », précise un policier spécialisé dans la traite des êtres humains. Ils exercent d’ailleurs leur pression depuis l’étranger en laissant leurs lieutenants et une fille un peu plus âgée avec laquelle ils ont marié un membre de leur famille, surveiller les prostituées sur place.

Achetées en Albanie dans la communauté rom chez les familles les plus pauvres, ou dans des pays frontaliers, les filles sont envoyées en Europe occidentale. Les proxénètes les déplacent régulièrement pour les faire exercer en France, en Belgique, en Allemagne, en Italie et en Espagne. « Ils évitent qu’elles ne restent trop longtemps au même endroit, pour limiter leurs attaches. Et nombre de ces victimes ne sont pas majeures », affirment les enquêteurs spécialisés.

Selon le document du ministère traitant de cette criminalité, les prostituées sont aussi échangées entre clans qui les déplacent de ville en ville. Car les différents réseaux albanais ont des liens entre eux « facilités par les connexions familiales. » Et, une fois implantés à Paris, cela leur permet « de mettre en place un turn-over pour ne jamais laisser le champ libre à des concurrents et rentabiliser au maximum les lieux très fréquentés », décrypte un policier spécialisé.

Une emprise faite de viols, coups et menaces

Mais les réseaux albanais se caractérisent aussi par leur violence extrême pour soumettre les victimes. Brûlures de cigarettes, tatouage du surnom du chef de la bande, coups, menaces sur la famille restée en Europe de l’Est… « Afin de montrer son emprise, l’un d’eux, interpellé voici un peu moins de deux ans à Toulouse, forçait une fille à se convertir à l’islam, porter le voile le jour et se prostituer la nuit », rappelle le document.

Dès leur arrivée dans le réseau, les victimes sont enfermées dans une pièce et violées par les chefs, durant plusieurs jours, jusqu’à ce que la soumission soit totale. « Les violences s’exercent aussi envers les filières concurrentes, afin de récupérer les prostituées et le terrain et s’étendre chaque jour un peu plus, c’était notamment l’objectif en région parisienne », reprend une source policière qui assure que des incendies, des extorsions et des coups ont été employés par le passé. « D’importants flux financiers sont en jeu », reprend le document ministériel qui dévoile qu’une prostituée rapporte à peu près 10 000 euros par mois. (…)

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