Pendant que les catholiques passent leur vie à empêcher des parents blancs infertiles d’avoir des enfants, l’Ukraine fabrique des bébés pour les couples blancs infertiles d’Europe.

Plusieurs couples ayant entamé des procédures de gestation pour autrui en Ukraine ne peuvent rejoindre le pays qui interdit, depuis le 16 mars, l’entrée de ressortissants étrangers sur son sol, sauf dérogation. Le ministère des affaires étrangères français refuse d’intercéder en leur faveur.

Ils ont reçu une photographie quelques heures après sa naissance. Océane, 3,5 kg et 56 centimètres, est née mardi 21 avril à Kiev, et ses parents, Karine et Thierry, l’ont découverte devant leur écran, à 2 400 kilomètres de là, avec un mélange d’émotion et de colère. « Comme nous n’avons pas reçu l’autorisation de nous rendre en Ukraine, nous n’avons pas pu la rencontrer, ni déclarer sa naissance. Notre fille est donc non seulement privée de ses parents, mais aussi apatride. Ses droits fondamentaux sont bafoués et nous craignons les répercussions de la situation sur son développement », dénonce Karine.

Le couple de Parisiens a fait le choix, en 2019, d’avoir un enfant par le biais d’une gestation pour autrui (GPA) en Ukraine. L’aboutissement d’un long parcours, marqué par la leucémie de Karine et une fausse couche.

Plus d’un an après cet épisode douloureux, Karine et son époux se rendent donc à Kiev pour entamer une GPA. La pratique, interdite en France, est réservée en Ukraine aux couples hétérosexuels mariés présentant une infertilité constatée médicalement. Il faut débourser 30 000 euros environ. A l’été 2019, l’embryon formé à partir des gamètes de Thierry et de ceux d’une donneuse est implanté avec succès dans l’utérus d’une « femme porteuse ». C’est le début de la grossesse. Neuf mois plus tard, ils ont prévu de faire le voyage pour assister à la naissance de leur fille.

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