Des centaines de milliers de mères célibataires canadiennes ont dû renoncer à leur nouveau-né jusqu’au début des années 1970.

Un rapport du Sénat appelle à des excuses de la part des autorités fédérales, et à un examen de conscience des Églises chargées des foyers de maternité.

« Honte à nous. » C’est sous ce titre sobre, mais éloquent, que le Sénat d’Ottawa vient de révéler au grand jour un passé particulièrement douloureux, et encore vivant, de l’histoire récente du Canada. Dans un rapport publié en juillet, le comité sénatorial des affaires sociales décrit l’adoption forcée d’enfants nés de femmes célibataires dans l’après-guerre.

Plusieurs centaines de milliers de nouveau-nĂ©s auraient ainsi Ă©tĂ© arrachĂ©s Ă  leurs mères jusqu’au dĂ©but des annĂ©es 1970, avec l’aval des Églises chargĂ©es des foyers de maternitĂ© et le feu vert implicite des autoritĂ©s fĂ©dĂ©rales. « Pendant la pĂ©riode d’après-guerre, le Canada jugeait toujours sĂ©vèrement les mères cĂ©libataires, ces femmes sur qui d’énormes pressions sociales et institutionnelles ont Ă©tĂ© exercĂ©es afin qu’elles donnent leur bĂ©bĂ© Ă  des couples “traditionnels” qui souhaitaient fonder leur propre famille nuclĂ©aire », Ă©crivent les rapporteurs. Les futures mères Ă©taient parfois contraintes d’aller dans des foyers de maternitĂ© financĂ©s…

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